La route de la liberté

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DEUIL, PERTE, SÉPARATION : les étapes émotionnelles

VIVRE LE DEUIL et SAVOIR ÉCOUTER UN DEUIL

 

           Le "deuil", pris dans un sens large est un processus dynamique spécifique à chaque personne.

Il n'est pas oubli du passé mais mise en place de nouveaux sentiments, pensées, actions, en fonction de cette perte. Ce que Boris Cyrulnik appelle la "résilience"

 

           Le mot "deuil" fait immédiatement penser à la mort d'une personne et le deuil est directement proportionnel au lien qui nous liait à cette personne.

Mais le processus de deuil et les émotions qui s'y rattachent sont les mêmes pour d'autres pertes et séparations par exemple, rupture amoureuse, licenciement, départ d'un enfant, déménagement, accident brutal invalidant. Le "vieillissement" est une succession de "pertes" qui se succèdent.

L'aptitude à "se séparer " dépend beaucoup des expériences de la petite enfance.Par exemple,  un déménagement peut "réveiller" d'autres déménagements vécus auparavant. ce qui, parfois, oblige à se replonger dans un processus émotionnel non terminé.

          Il est important de savoir que toute perte, séparation, deuil réactive les séparations passées, évidemment celle qui a été la plus difficile et dont il reste encore des traces.

         On parle maintenant de "mémoires cellulaires" qui peuvent "parler" à travers des somatisations.

Cela peut être intéressant de repérer des dates où on tombe systématiquement malade. Que rappellent-elles? A qui ou à quel événement me rattachent-elles? Dans ma jeunesse, je faisais systématiquement une angine au mois d'Août, en pleine chaleur, jusqu'au jour où j'ai fait le rapprochement avec mon anniversaire.....

 

        Certaines émotions sont présentes à toutes les pertes mais elles ne se présentent pas toujours dans le même ordre et varient dans le temps et l'intensité suivant le psychisme de chacun.

Dans une famille, un décès peut être vécu complètement d'une façon différente par chaque membre de la famille. 

Connaître ces émotions permet de les repérer dans son propre vécu mais permet aussi d'accompagner une personne en deuil.

La principale erreur est de vouloir la "consoler". cela ne l'aide en aucune façon. Il est beaucoup plus utile de l'aider à prendre conscience de ses émotions et à les exprimer. Ecoute, bien sûr, sans jugement  en restant conscient de ses propres émotions.

 

 

 

LE DÉNI et la SIDÉRATION

 

se présente toujours en premier : on refuse la réalité.

C'est l'effet du choc émotionnel qui est d'autant plus fort que l'événement est inattendu.

Dans le cas d'un deuil, la persistance du déni deviendrait pathologique.

 

A l'écoute, savoir que c'est un processus normal, que le psychisme se défend contre une douleur trop forte qu'il faudra affronter petit à petit pour la surmonter.

 

 

 

LA  TRISTESSE et l'ÉTAT DÉPRESSIF 

 

           La tristesse est accablante, insupportable. Certains peuvent pleurer, d'autres non.

Il ne faut pas oublier que, dans nos sociétés occidentales, ne pas pleurer montrait une force morale.

Le prix à payer est souvent de fortes somatisations car réprimer sa peine ne fait que la différer. Souvent encore plus difficile pour les hommes car "un garçon ne doit pas pleurer" et les filles sont des "pleurnicheuses" Ces phrases sont encore dans l'inconscient collectif.

J'ai connu une femme qui est devenue aveugle à la mort de son fils car elle n'a pas pu pleurer. Je connais d'autres personnes qui ont déclencher un diabète (mort de la mère, mort du mari, éloignement d'un enfant, événement traumatisant))

 

 

ESSAYER DE CONSOLER se révèle une attitude sans effet.

 

       La personne vit UN ÉTAT DÉPRESSIF qui est normal, du à ce changement. La personne n'a envie de rien, se réfugie dans le sommeil ou, au contraire, dans une hyperactivité. Il  faut différencier ce passage de la dépression sauf si cet état perdure. Dans ce cas, il est nécessaire de se faire aider par un professionnel.

        Dans une famille, la disparition d'un proche perturbe très souvent la dynamique familaie d'autant que chacun vit son deuil d'une façon différente. On peut donc se sentir incompris par l'entourage le plus proche.  Le travail de deuil se fait dans une certaine solitude.

La mort d'un père ou d'une mère est vécue différemment par chaque enfant (même adulte) puisque la relation était singulière et particulière.

Un déménagement entraîne un isolement, le temps de se constituer un réseau amical et social.

Certains enfants peuvent être marqués par des déménagements trop  fréquents dus au travail du père par perte des amis.

 

A l'écoute, essayer de faire mettre des mots sur les ressentis, particulièrement avec les enfants qui n'ont pas accès aux mots pour s'exprimer.

(déménagement, changement d'école, mort d'un proche,, divorce des parents)  Pour les petits, les faire dessiner.

          Toute perte, séparation, deuil a une répercussion sur le développement affectif de l'enfant mais ce sont des étapes importantes qui, paradoxalement, l'aident à se construire et à devenir adulte.

 

 

 

La COLÈRE et le SENTIMENT d'INJUSTICE

 

    Une perte, une séparation, le départ d'un être cher paraît toujours injuste d'autant plus si la personne décédée était jeune.

    Pour un enfant, la séparation d'avec sa mère, même si elle est courte, reste une profonde blessure.

    Un licenciement est toujours injuste.

 

     La colère est très souvent une émotion inexprimée. Comment se mettre en colère contre l'être cher qui nous a laissé seul en mourant?

    La colère peut se retourner  en agressivité contre l'entourage pour un tout autre prétexte. (l'ANPE, le destin, Dieu, un employé ou un collègue) On en veut au monde entier. La personne est "à fleur de peau" et tout est prétexte à la faire sortir de ses gonds.

Si elles ne sont pas exprimées, l'agressivité et la colère peuvent s'imprimer en comportement auto-agressif et en somatisations (se blesser, être malade, alcoolisme, comportements alimentaires) Le Foie est l'organe correspondant à la colère (je ne digère pas l'événement) les problèmes de peau sont reliés aux séparations.

Plusieurs auteurs ont édité des livres sur la correspondance des organes et des maladies.

 

A l'écoute, avoir assez de recul pour ne pas prendre cette agressivité pour soi-même. La laisser s'exprimer car c'est libérateur.

Orienter vers des médecines douces  (acupuncture, homéopathie, fleurs de bach, massages)

 

 

 

LES SOUVENIRS

 

     Se rappeler les bons souvenirs est un exutoire bénéfique. Il est difficile de ne plus pouvoir partager les souvenirs communs (souvenirs d'une école, du régiment, souvenirs d'enfance, etc...) très souvent, les moments heureux repassent de nombreuses fois et on semble avoir oublié les difficultés qui ont été rencontrées.

        Les souvenirs peuvent se révéler très différents d'une personne à l'autre, particulièrement les souvenirs d'enfance dont chaque enfant a une empreinte différente suivant la place dans la fratrie.

Certains aiment feuilleter les albums photos ou regarder les films, d'autres non.

           D'autres fois, la relation a été difficile et on regrette de ne pas avoir pu se réconcilier. On peut aussi culpabiliser parce qu'on se sent indifférent ou libéré. Des souvenirs douloureux d'abandon, de trahison, d'injustice peuvent se réveiller. Pardonner, se pardonner est un chemin long et laborieux et demande parfois une aide psychologique et/ou spirituelle.

 

A l'écoute, avoir la patience d'entendre plusieurs fois le même récit ou de regarder les mêmes photos. Etre cependant être attentive que la personne s'ouvre à la vie future et ne s'enferme pas dans ses souvenirs.

 

 

 

LA CULPABILITÉ

 

           Est souvent présente mais peut être refoulée et rarement exprimée.

           "Je n'ai pas fait ou dit ce qu'il fallait" pendant que la personne était vivante.

Souvent inconsciemment, on se demande ce qu'on a fait pour mériter cela "qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu"

      

           Les parents peuvent se sentir coupable des agissements de leurs enfants.

Comme on doit faire le deuil de "parents idéaux", il est nécessaire de faire le deuil des "enfants idéaux" ou des "enfants qui avaient été imaginés avant leur naissance" qui se révèlent parfois à l'opposé dans leur personnalité et/ou dans leur métier.

 

A l'écoute, on se sent impuissant même si on sait que la personne n'est en rien coupable. On ne peut quécouter car se débarrasser de la culpabilité esr très long. Il est cependant nécessaire de faire la différence entre la "fausse culpabilité" et le fait de reconnaître ses erreurs personnelles.

 

 

 

ADAPTATION et RÉSOLUTION

 

        Petit à petit, on recommence à faire des projets, des activités, des rencontres. On trouve de nouveaux repères. 

       Cela ne signifie pas "oubli".  la perte pourra de nouveau se manifester dans la vie et on aura besoin d'en reparler. Elle peut resurgir consciemment ou inconsciemment à   l'occasion d'autres événements de la vie  :nouveaux deuils, nouvelles séparations, dates anniversaire.   Plus subtilement, on peut projeter un souvenir sur ses enfants, (un mauvais souvenir faisant craindre la même chose pour les enfants).

 

A l'écoute, ce n'est qu'après avoir entendu la souffrance, la tristesse, voire les pleurs, qu'on pourra aider l'autre à se trouner vers le futur.le retour à la vie se fait par des "petits pas" qu'il faut encourager.

 

 

 

 

 

 




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